Asilah



Asilah, le passage lent et répété de la Mercedes Noire, 11 min, 2007.
Réalisation : Bernard Collet et Jean Pierre Huguet
Texte : Bernard Collet
Paradis beach. Editions Aïni Bennaï Casablanca 2005

Quatre jeunes marocains dans une Mercedes noire à Asilah sur le boulevard de la mer.

Je veux parler d’eux, ces jeunes marocains, ils ont vingt ou vingt cinq ans. Ils vivent à Asilah, à quelques kilomètres au sud de Tanger, mais ils pourraient tout aussi bien vivre à Marrakech ou à Essaouira, ailleurs même dans le pays. Ils souffrent d’une attente, de celle de l’accessibilité pour eux à des droits essentiels, la libre circulation entre les continents, le travail, le bonheur entrevu sur les images du monde retransmises par les paraboles immenses installées sur les terrasses.
Ils aspirent à ce bonheur imaginé de nos occidents, l’Europe et l’Amérique, fait de richesses matérielles, alors ils sont prêts à tout, même à perdre leur âme, même à accepter une colonisation qui ne dit pas son nom.
Je veux parler aussi du rôle dévastateur de l’argent, cette obsession devenue endémique, du manque d’amour, du rôle prépondérant des hommes, de la soumission des femmes, de leur émancipation en attente.
Ces jeunes sont une forme de la réalité d’un pays qui aspire au changement alors que tout n’est encore qu’attente, dans un immobilisme qui pourrait précéder l’implosion. C’est cette menace imprécise mais bien visible qu’annonce le passage lent et répété de la Mercedes noire.




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